Jeunesse

    La culture populaire du Japon aujourd'hui est une culture de masse, boustée par une nouvelle génération "délurée", centrée autour des mangas, dessins animés, jeux vidéos et gadgets technologiques de plus en plus perfectionnés. Les rues des grandes villes sont une source d'inspiration inépuisable mais aussi le lieu d'exposition privilégié de cette culture. Les japonais, surtout les jeunes, sont fous de mode et des grandes marques, et autant dire qu'il n'ont pas froid aux yeux pour ce qui est de leur look.

Voici une petite liste des  mots et concepts qu'il faut absolument connaître, ou du moins avoir entendu ne serait ce qu'une fois,  avant de débarquer sur la planète Japon.

KOGYARU, prononcé [ko guyaru] et venant de l'anglais "cover-girl", désigne les collègiennes qui retouchent leur uniformes scolaires ( se résumant la plupart du temps à raccourcir la jupe et se donner une allure désinvolte) pour paraître plus sexy et portant de grandes chaussettes blanches en accordéon les loose socks.

GANGURO (GYARU), aînées des KOGYARU désigne les jeunes femmes affichant un corps bronzé, voir noirci, moulées dans des tenues provocantes et perchées sur des talons d'au moins 10 centimètres de haut.

ANIME, dessin-animé ou film d'animation dont le nouveau réalisateur fétiche est Hayao Miyazaki (Le voyage de Chihiro, Princesse Mononoke, Le chateau dans le ciel et beaucoup d'autres)

DORAEMON chat robot né en 1970, inventé par Fujiko Fujio, devenant le héros d'une série de dessin-animés et de mangas vendus à travers de le monde à des millions d'exemplaires.

AIBO, dans le même registre, est le célèbre chien inventé par SONY et incarnant la figure emblématique de la folie des robots qui règne sur l'archipel.

PURIKURA, "super-photomaton" conçu pour plusieurs personnes, ultra dévéloppé, permettant de créer des photos personnalisées (fonds d'écran, tags, ajout de symboles, clip arts, citations...) aux possibilités infinies. Impression sous forme de vignettes autocollantes.

PACHINKO, entre le flipper et la machine à sous, le pachinko est un jeu fascinant pour  un bon nombre de japonais. On trouve une salle de Pachinko en moyenne tous les 500 mètres dans l'archipel.

WABI SABI concept représentant la vision du monde japonaise, selon lequel toute chose est impermanente, imparfaite et incomplète, mais peut également renvoyer à un système esthétique. Les concepts du Wabi Sabi correspondent aux concepts du bouddhisme Zen car les premiers impliqués étaient des maîtres de cérémonies du thé et des prêtes ou des moines qui pratiquaient le Zen.

 

Arts et Littérature

Les japonais, très soucieux des saisons et de la nature, ont crée des espaces complètement artificiels, condensés idéalisés de la nature mais à son image. Contrairement à ce qu'on peut penser, même à Tokyo, il y a des nombreux parcs.

     •L'esthétique Zen

    On distingue diverses formes de jardins mais la plus connue est le jardins secs des temples Zen, constitués de graviers, de rochers et parfois de buissons. Ils invitent à la méditation de part leur mouvement et leur disposition qui recréent la nature dans son essence et invitent à la méditation. Le plus connu des jardins Zen est incontestablement celui du temple Ryôan-ji de Kyoto. Les autres types de jardins sont rattachés à des pavillons de thé soit à une demeure de samouraïs. Dans les jardins de pavillon de thé, les arbres et le fleurs sont disposés en fonction de leur symbolique et de leur évolution au cours des saisons. Dans le cas des jardins de maisons de samouraïs, ils se découvrent lors d'une promenade et s'insère généralement à merveille avec la nature environnante, comportant la plupart du temps un lac, des petits ponts de pierre et des îlots de pins soigneusement taillés.

 

   •Les arts du théâtre : Nô, Kabuki et Bunraku

    Dans les récits anciens, les danses shintoïstes sont à l'origine de la venue du monde à lumière. Ces danses, ont avec le temps, évoluées vers un divertissement de cour puis du grand public et c'est ainsi que le théâtre japonais vit le jour. La barrière de la langue est indéniable c'est certain, cependant les représentations sur scène sont d'une telle beauté qu'elles ne manquent jamais de fasciner les occidentaux. On distingue trois types de théâtre :

Le Nô mêlant poésie, mime, chant et danse est la forme de théâtre la plus ancienne, datant du 16e siècle. Dans un décor de bois unique et seulement deux acteurs, shite (acteur principal) paré d'un masque et d'un costume splendide effectue une suite de gestes lents, et waki (acteur secondaire) joue le rôle de l'observateur et du chœur narrant l'histoire. Des musiciens dont trois tambours et une flûte sont également présents. Au cours d'une représentation, aujourd'hui on observe cinq types d'histoires mettant tour à tour en scène les dieux, les guerriers, les fous, les femmes et les démons. A noter : les acteurs de Nô sont exclusivement des hommes. Entre les actes d'une pièce on insére généralement une pièce de théâtre courte et plus triviale au jeu extraverti apellée kyogen.

Le Kabuki signifiant littéralement ka chant, bu danse, ki artiste, est un théâtre populaire. Les thèmes des pièces sont puisés à la fois dans les pages de l'Histoire du Japon mais aussi dans les faits divers contemporains du 19e siècle. Le jeu des acteurs est grandiloquent et ces derniers sont de vraies stars dont le seul nom suffit à remplir une salle de spectacle. Certains passages sont drôles et la musique qui est très présente, sert à accentuer les émotions.

Le Bunraku est un théâtre de marionnettes, tout simplement somptueux. Les marionnettes qui font à peu près deux tiers de la taille d'un humain, sont manipulées par plusieurs personnes à la fois donnant l'impression d'être littéralement vivantes. Les marionnettistes sont vêtus de noir des pieds à la tête sauf le manipulateur principal. Les marionnettes, elles, portent des costumes magnifiques. Sur le côté de la scène, le narrateur est accompagné d'un joueur de shamisen (guitare à trois cordes). Les pièces les plus populaires racontent des histoires d'amour malheureux ou des épisodes historiques.

    •Cérémonie du thé, Chanoyu

En provenance de Chine, les premiers théiers furent introduits au Japon vers le 6e siècle. Longtemps réservé à l'élite, le thé apprécié pour ses vertus médicinales, se répandra au 12e siècle sous l'impulsion du moine EISAI dans l'ensemble des monastères Zen. Le thé devait alors permettre aux moines de ne pas s'endormir lors des méditations. Le caractère cérémonial autour du thé apparaît progressivement, notamment sous l'impulsion des shoguns Ashikaga avant d'être une véritable cérémonie, le chanoyu (Cha no Yu) ou Sadô. Cet art se démocratisera au cours de l'ère Edo en touchant dans un premier temps la population riche avant de se répandre à l'ensemble de la population.

 

   L'Ikebana

Le mot Ikebana ou Kadô (la voie des fleurs ) vient du japonais hikeru, faire vivre, et de hana, fleur. Ce terme peut être traduit en français par «arrangement floral». L'Ikebana, est un art dans lequel la disposition des éléments du bouquet est réglée par une symbolique précise, héritée du rituel bouddhiste visant, au delà de la recherche d’un certain esthétisme, à la concentration, dans le but de s'unir à ce que les Japonais appellent «le cœur des fleurs». Cet art se distingue nettement des compositions florales occidentales par sa symbolique, son asymétrie et sa recherche de l’utilisation de l’espace.

   

    •Naissance de l'écriture et poésie

La littérature japonaise coïncide plus ou moins avec la naissance de la ville Nara (710 Ap J-C), première capitale du Japon. Les premiers textes japonais sont à caractère politique ou religieux et servent à asseoir une idéologie, un pouvoir centralisé ou un dessein politique. Il est difficile de parler de production littéraire mais ces textes coïncidant avec la création d'un état centralisé sont empreints de l'esprit de l'époque. N'ayant pas d'écriture propre c'est le chinois qui est utilisé pour la rédaction des textes. Puis nait le système des kana, réservé dans un premier temps aux poèmes et journaux personnels.

La première anthologie poétique apparaîtra au 9e siècle. La première du genre se nomme Man'yôshû.  On distingue traditionnellement deux grands types de poésie. La poésie dite japonaise Waka et la poésie chinoise kanshi. Les Tanka consistant en 5 vers de 5, 7, 5, 7, 7 syllabes, donnèrent naissance aux haiku 俳句, 3 vers de 5, 7, 5 syllabes.Les premières anthologies poétiques vont permettre l'éclosion de genre littéraire nouveau comme les recueils de conte vers le 10e siècle (Uta-monogatari) et la poésie descriptive.

 

 Religions

    Selon un proverbe très connu au Japon : «le Japonais naît shinto tandis qu'il meurt bouddhiste». La religion qui fait encore partie de la vie quotidienne des Japonais, possède une importance culturelle et sociale encore considérable. Pourtant, la foi des Japonais n'est ni particulièrement forte, ni unique. La plupart pratiquent une sorte de syncrétisme entre bouddhisme et shinto.

    •La voie des Dieux

    •Le shintô ou "la voie des Dieux" n'a pas de fondateur reconnu ni de texte de référence. Il se fonde sur l'ancienne mythologie, selon laquelle on attribue la création du Japon au couple incestueux des divinités primordiales INAZAMI et IZANAGI, et insiste sur la relation entre l'homme et la nature, ainsi que sur la filiation divine des empereurs qui descendent d'Amaterasu, divinité du Soleil. Le shinto a joué un rôle historique important en permettant la mise en place des valeurs sociales du Japon. On peut en voir un exemple dans le bushido, code guerrier qui privilégie l'honneur, le courage, la loyauté, la politesse et la réserve.

De nos jours, les cérémonies religieuses, comme les mariages shintô et les enterrements bouddhistes, sont toujours largement pratiquées, et la plupart des familles japonaises ont chez eux de petits autels dédiés aux esprits de leurs ancêtres. Le Shintô se base sur le respect des Kami, des divinités ou des esprits pouvant habiter toute chose. En découle une grande attention pour la nature et un certain culte des ancêtres.  Les prêtes Shintô sont des laïcs recevant une formation spécifique. On reconnaît un sanctuaire Shintô grâce à la présence d'un Torii (portique sacré en bois, pierre ou béton) à l'entrée indiquant la nature sacrée des lieux.  Le caractère sacré des lieux est aussi indiqué par la présence de Shimenawa (corde de chanvre tressée) et de gohei (guirlande de papier plié en zigzag).

 

    •Coup d'oeil sur l'histoire du Bouddhisme

    Le Bouddhisme serait apparu au japon entre 538 et 552 en venant de Corée. Son histoire est son évolution au sein du Japon et fit l'objet de querelle. Le Bouddhisme a dans un premier temps surtout atteint les couches sociales les plus hautes de la société, le peuple restant plus ou moins hermétique à cette nouvelle confession, des rivalités claniques apparurent entre Shintô et Bouddhiste, plongeant le japon dans un état de guerre civile plus ou moins permanent. Des clans se formèrent, et après la victoire du clan SOGA en faveur pour le bouddhisme, la cour entière se converti et le bouddhisme devint la religion d'état. Shôtoku, l'empereur de l'époque s'inspira des lois bouddhique pour écrire sa constitution en 17 articles et en 607 après avoir repris les relations avec la chine il envoya plusieurs missions qui revinrent avec, entre autre, nombre de textes religieux et philosophiques. Le bouddhisme continua à être encouragé sous l'empire des Taïka.. En 749 fût érigé le Daibutsu au temple Todai-ji à Nara. Deux grandes sectes apparurent par la suite, souvent par réaction face à la décadence du pouvoir en place: le Nichiren-shû et le Jôdo Shin-shû.. Le Zen-shû  (le zen ) apparu au Japon vers 1191.

 

    •Le culte du Bouddhisme

    Le Bouddhisme axe ses réflexions sur la douleur de l'homme. Partant du constant que le désir est une source de souffrance, le bouddhisme prône l'ascétisme comme outils permettant de circonvenir à cet état. L'objectif étant d'atteindre un état de plénitude totale, délivré de toutes souffrance appelée le nirvana (extinction). En atteignant cette sérénité on s'affranchit du Samsara le cercle de la réincarnation pour devenir un être éveillé, un bouddha.

On distingue dans le bouddhisme plusieurs grands courants. Celui qui a pénétré le Japon est celui qui est pratiqué dans une grande partie de l'Asie orientale, le Grand Véhicule. Ce bouddhisme se base sur le principe que les êtres sur la voie de l'éveil  (les bodhisattvas) doivent sacrifier leur vie afin de permettre aux autres hommes d'atteindre le Nirvana.  L'entrée du temple est marquée par une porte de taille imposante comportant de chaque côté un niô, des gardiens. Ces niô sont des rois célestes qui n'ayant pas atteint l'illumination sont néanmoins supérieurs aux hommes.

 

 

 

 

 

 

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